Historique de l'AALJ

l'AALJ a été fondée en 2007 par de  futurs auteurs (ils n'étaient pas encore édités) à l'issue d'un atelier d'écriture e...

27 mai 2026

Le Prix Littéraire des lycéens de Guinée : un moteur pour la littérature jeunesse / par Sory Dansoko et MPH

 

Un des 13 comités de lecture du PLL-G

L’AALJ est à l’honneur dans le Prix Littéraire des Lycéens de Guinée avec les lauréats des 2 premières éditions : Mabety SOUMAH en 2025 pour son roman Sens interdit, paru aux éditions Ganndal et Ibrahima Sorel SIDIBE en 2026, pour La tragédie des jumelles paru chez l’Harmattan Guinée.

Le PLL-G est un prix littéraire attribué à un roman Guinéen par un jury composé exclusivement de lycéens (250 élèves de 11ème et 12ème années en 2026). Il est organisé par le CELPAC (Ministère de la Culture) en partenariat avec le Ministère de l’Éducation. Il récompense le lauréat d’un prix de 20 millions de francs guinéens.

Il a un triple objectif, pédagogique, littéraire et économique :

Rapprocher les jeunes de la lecture, stimuler la création littéraire, encourager l’édition en soutenant la chaîne du livre dans son ensemble.

Son importance semble capitale dans un contexte où le livre est souvent détrôné par les téléphones, la littérature décriée et les élèves accusés de paresse intellectuelle alors que « ce ne sont pas les jeunes qui refusent de lire, ce sont surtout les initiatives et les espaces de lecture qui manquent. »

Présentation publique d'Envol à Kankalabé

Le PLL-G une initiative qui
a mobilisé 500 lycéens dans l’enthousiasme depuis 2 ans. Leurs témoignages sont probants. Ils découvrent la littérature guinéenne. Les livres sélectionnés correspondent généralement à l’univers des jeunes ; ils parlent de leurs problèmes, de leurs doutes, de leurs espoirs, de leur avenir… « Ils sont écrits dans un style qui leur est accessible » précisent quelques enseignants. Il est ainsi plus simple de les conduire vers l’analyse, de les amener à exposer leurs propres idées sur le sujet, à débattre, à critiquer. Le but est de les amener à terme à une véritable critique littéraire, de la forme autant que du fond. Il faudra sans doute plusieurs années, mais déjà les témoignages sont éloquents « La lecture change notre perception des choses » en deux ans cet élèves des classes scientifiques, qui n’était pas prédisposé à la lecture a changé complètement son regard sur la littérature. Et en bon scientifique, il ajoute « Quand tu lis, plusieurs zones du cerveau travaillent en même temps, notamment : le langage, la mémoire, l’imagination, la concentration et les émotions ... ». Une autre élève précise « J’apprécie beaucoup cette initiative qui me permet aujourd’hui de lire et de faire une analyse critique d’un roman. Elle m’a permis de beaucoup m’améliorer en français et m’a donné le goût de la lecture ». D’autres ont pris de l’aisance pour s’exprimer lors de la présentation des romans en public. Et les enseignants reconnaissent que les élèves ont progressé à l’oral comme à l’écrit. Et tant que témoin extérieur, on est étonné par la maturité des élèves lorsqu’ils se mettent à débattre sur les problèmes de société (que ce soit le mariage et les grossesses précoces, les relations intimes avant le mariage, l’éducation et le poids du silence dans l’éducation).

Le PLL-G est un moteur pour l’édition dans le sens le plus global. La première année des romans ont posé problème à cause des fautes résiduelles. Au grand scandale des enseignants : comment enseigner la langue si les romans édités sont truffés de fautes ? « M’sieur, c’est écrit comme ça dans le livre ! » Dans le cadre d’un prix national, soutenu par le Ministère de l’Education, on ne peut pas mettre n’importe quels livres entre les mains des élèves. La deuxième année, la leçon avait porté. "On a noté peu de fautes" souligne le comité de sélection qui définit des critères rigoureux par rapport au sujet, à l’intérêt de l’histoire et à sa construction, à la langue qui doit rester accessible, à la syntaxe… Bref. On ne peut pas donner n’importe quoi aux lycéens !

La sélection du PLL-G 2025-26

Un moteur pour la création. Les auteurs interrogent : Comment faire pour participer ? D’après les organisateurs du Prix, le choix premier revient à l’éditeur, c’est lui qui choisit dans sa production les romans qui lui semblent les plus appropriés. Ensuite le comité de sélection choisit 5 titres qui répondent aux critères du prix. Mais on nous rassure aussi que si les auteurs abordent les problèmes de la jeunesse à hauteur de jeune sans pour autant tomber dans la démagogie, s’ils construisent leurs histoires avec talent, alors ils ont des chances d’être parmi les 4 ou 5 auteurs nominés. Les formations dont ont bénéficié les auteurs jeunesse depuis une quinzaine d’années portent leurs fruits : choix des thèmes particulièrement en phase avec les préoccupations des adolescents auxquelles la société n’apporte pas toujours de réponses ; qualité des écrits sans condescendance ; approche sincère et vraie des problèmes et un ton juste pour s’adresser aux jeunes. Les auteurs pour la jeunesse ont compris que les romans pouvaient non seulement dénoncer les problèmes mais apporter des réponses. Et de fait c’est ce qu’attendent les jeunes. Des réponses claires. Néanmoins, ne l’oublions pas, ce sont les lycéens qui décident en dernier ressort, dans un vote à bulletin secret, après avoir, lu, décortiqué, analysé !

Leur choix n’est pas sans conséquences ! Le PLL-G est un moteur économique. Avec 1500 livres distribués en début d’année, les éditeurs sont assurés de « toucher leur public cible ». Et de rentabiliser leur tirage. Le chiffre d’affaire généré directement pas la vente des livres soutient toute la chaîne du livre à travers les droits d’auteurs, l’impression, la librairie et les bibliothèques. Le prix se révèle donc un élément important pour le développement de l’économie du livre souvent considéré comme le parent pauvre de l’industrie culturelle.

Parmi les perspectives économiques, le travail de sélection effectué par les lycéens pourrait être valorisé si ces livres faisaient partie des recommandations de lecture du Ministère de l’Éducation.

Le PLL-G est une source d’inspiration et fait des émules  : à Koron, le lycée lance un partenariat avec une maison d’édition pour l’opération « Un livre, un mois ». Ce projet couvre toute l’école, du primaire au secondaire, et donne aujourd’hui le goût de la lecture. Cela signifie que « la direction, les enseignants, les élèves et même les parents apprécient vivement le PLL-G », souligne un des enseignants de l'établissement. Ailleurs on note la création de clubs littéraires ouverts à tous les élèves pour faire circuler les livres plus largement. Les bibliothèques notent une meilleure fréquentation. 

Conclusion

L’existence d’un tel prix porté par le Ministère de la Culture à travers la Direction Générale des CELPAC est remarquable, mais l’implication d’entreprises comme le Palm Camayenne ou la SAG, d’associations comme l’AKGN à Kankalabé ou de particuliers à travers un financement solidaire est un bel acte de foi en la jeunesse et en ses capacités à changer le monde. Les enseignants sont unanimes, cette nouvelle approche de la lecture devrait être étendue à tous les lycées (pas moins de 800 en Guinée). C’est ce à quoi s’emploie la Direction générale des CELPAC en y intégrant progressivement bibliothèques et CLAC créant une synergie entre établissements scolaires et centres de lecture à l’intérieur du pays.

Ce que nous retenons et qui est un véritable gage de succès c'est l’enthousiasme des enseignants pour encadrer les lycéens, la réconciliation des jeunes avec la lecture, le dynamisme de l’édition et de l’économie du livre, la valorisation de la littérature par la jeunesse Guinéenne.


Lancement du PLL-G 2025-26

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© documents photographiques aimablement communiqués par les organisateurs






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