Historique de l'AALJ

l'AALJ a été fondée en 2007 par de  futurs auteurs (ils n'étaient pas encore édités) à l'issue d'un atelier d'écriture e...

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06 août 2026

Maths, sciences, histoire… Et si tout se jouait dans les livres ?/ Saran DIABY

 

La lecture : cette compétence invisible

qui fait réussir dans toutes les matières

« Mon enfant est faible en mathématiques. »

« Il a du mal avec les sciences. »

« Il ne comprend pas les consignes de ses devoirs. »

Lorsqu’un enfant rencontre des difficultés à l’école, notre premier réflexe de parent est de penser qu’il manque de connaissances dans une matière précise. Nous cherchons des cours de soutien en calcul ou des exercices de sciences supplémentaires. Pourtant, la racine du problème cache souvent une autre réalité : l'enfant ne comprend pas tout à fait ce qu’il lit.

Lire, ce n'est pas simplement aligner des lettres ou prononcer des mots de manière fluide. Lire, c'est décoder une consigne, analyser un problème, retenir une information et être capable de la réutiliser. C’est pourquoi la lecture n’est pas une simple discipline : c'est la clé de voûte de toute la réussite scolaire… et de la vie.

Cette réalité pédagogique résonne profondément avec ma propre démarche d'écriture. Quand j’ai écrit mon livre « LA SAUCE KONKOE' », mon but premier était de sauvegarder notre précieux patrimoine culinaire. Mais en le partageant avec les enfants, j’ai réalisé une chose merveilleuse : un livre qui parle de nos réalités locales comme la préparation d’un plat traditionnel ou un conte de chez nous est le meilleur outil pour développer cette compréhension textuelle.

Pour réussir un plat, il faut savoir lire une recette, comprendre l'ordre des étapes, mesurer les ingrédients et anticiper le résultat. C'est exactement la même logique qu'un problème de mathématiques ou qu'une expérience scientifique en classe ! En proposant aux enfants des livres qui font écho à leur quotidien, à nos marchés et à nos cuisines, nous rendons l'acte de lire vivant. Et c’est en comprenant ce qui leur est familier qu’ils apprennent à décoder la complexité de toutes les autres matières.

La lecture s’invite dans toutes les classes

On associe trop souvent la lecture au seul cours de français. Pourtant, examinez d'un peu plus près la journée d’école de votre enfant :

  • En mathématiques : avant de poser une addition ou une soustraction, il doit lire et analyser l'énoncé d'un problème.

  • En sciences : il lui faut décortiquer le protocole d'une expérience et observer des documents pour répondre à des questions.

  • En histoire et géographie : il doit naviguer à travers des textes, des cartes et des chronologies complexes.

  • En éducation civique : il lit des règles, interprète des situations et analyse des exemples de la vie en société.


Prenons un exemple concret : « Aminata a 24 mangues. Elle en donne 9 à sa cousine et en vend 5 au marché. Combien lui en reste-t-il ? » Si un enfant lit trop vite ou ne maîtrise pas le sens exact des verbes
donner et vendre, il fera un mauvais calcul, même s'il connaît ses tables de soustraction sur le bout des doigts. Le blocage n'est pas mathématique, il est linguistique.

Les super-pouvoirs de la lecture régulière

Chaque page tournée est un entraînement intensif pour le cerveau de nos enfants. Lire régulièrement développe trois piliers essentiels à l'autonomie scolaire :

  1. L'enrichissement naturel du vocabulaire : Plus le bagage de mots d'un enfant est large, plus il comprend facilement les explications de ses enseignants et les textes des examens. La lecture permet d'assimiler ce lexique en contexte, sans l'effort rébarbatif du par cœur.

  2. Le muscle de la concentration : Suivre le fil d'une intrigue, retenir les actions des personnages et lier les événements entre eux demande de l'attention. Cette endurance intellectuelle se transpose directement lorsque l'enfant doit rester concentré devant une évaluation exigeante.

  3. L'éveil de l'esprit critique : Les histoires poussent l'enfant à s'interroger (Pourquoi a-t-il agi ainsi ? Qu'aurais-je fait à sa place ?). En cherchant des réponses, il aiguise son raisonnement et sa capacité à résoudre des problèmes complexes.

S'adapter à la réalité de nos foyers guinéens

Nous le savons, toutes les familles en Guinée n'ont pas la chance d'avoir une bibliothèque remplie à la maison. Mais cela ne doit en aucun cas être un frein. L'essentiel n'est pas la quantité de livres, mais la manière dont on fait vivre l'écrit au quotidien :

  • Un même livre peut être relu plusieurs fois : chaque nouvelle lecture permet à l'enfant de prêter attention à un détail ou à un mot qu'il n'avait pas compris la première fois.

  • Tout support est une opportunité : un prospectus, une affiche dans la rue, un article de journal ou même la recette textuelle de la sauce Konkoé écrite sur un carnet peuvent devenir de formidables exercices de lecture.

  • Le retour aux sources : Un conte raconté de mémoire par un grand-parent reste une mine d'or pour enrichir le vocabulaire et affiner l'écoute de l'enfant.

Conseil :

À la fin de la journée, lorsque votre enfant referme son cahier ou son livre, changeons nos habitudes. Évitons la question fermée : « As-tu fini de lire ? »

Préférons des questions ouvertes et bienveillantes qui forcent la réflexion :

  • « Raconte-moi avec tes propres mots ce qui s'est passé dans cette histoire. »

  • « Quel mot as-tu découvert aujourd'hui et qu'est-ce qu'il signifie ? »

  • « Qu'est-ce qui t'a le plus marqué ou surpris ? »

En agissant ainsi, vous transmettez à votre enfant un message capital : l'important n'est pas de lire vite, mais de lire en comprenant. En lui donnant le goût de comprendre les mots, vous ne l'aidez pas seulement à progresser en français, vous lui offrez les clés pour réussir et s'épanouir dans toutes les matières, tout au long de sa vie.

27 mai 2026

Le Prix Littéraire des lycéens de Guinée : un moteur pour la littérature jeunesse / par Sory Dansoko et MPH

 

Un des 13 comités de lecture du PLL-G

L’AALJ est à l’honneur dans le Prix Littéraire des Lycéens de Guinée avec les lauréats des 2 premières éditions : Mabety SOUMAH en 2025 pour son roman Sens interdit, paru aux éditions Ganndal et Ibrahima Sorel SIDIBE en 2026, pour La tragédie des jumelles paru chez l’Harmattan Guinée.

Le PLL-G est un prix littéraire attribué à un roman Guinéen par un jury composé exclusivement de lycéens (250 élèves de 11ème et 12ème années en 2026). Il est organisé par le CELPAC (Ministère de la Culture) en partenariat avec le Ministère de l’Éducation. Il récompense le lauréat d’un prix de 20 millions de francs guinéens.

Il a un triple objectif, pédagogique, littéraire et économique :

Rapprocher les jeunes de la lecture, stimuler la création littéraire, encourager l’édition en soutenant la chaîne du livre dans son ensemble.

Son importance semble capitale dans un contexte où le livre est souvent détrôné par les téléphones, la littérature décriée et les élèves accusés de paresse intellectuelle alors que « ce ne sont pas les jeunes qui refusent de lire, ce sont surtout les initiatives et les espaces de lecture qui manquent. »

Présentation publique d'Envol à Kankalabé

Le PLL-G une initiative qui
a mobilisé 500 lycéens

26 mai 2025

Les livres de jeunesse en classe : un choix pédagogique / Julianna DIALLO

Pour apprendre une langue, rien ne rivalise avec l’attrait des 

histoires. Bien plus qu’un simple support
pour étudier le vocabulaire ou les règles grammaticales, les récits invitent à réfléchir sur notre monde, à développer notre imaginaire et à mieux comprendre notre humanité.

Au Groupe Scolaire Phénix International que je dirige depuis dix ans, les livres constituent la base de l’excellence pédagogique que nous visons. Dès la maternelle, les albums jeunesse occupent une place centrale dans nos pratiques pédagogiques. Leurs illustrations sont utilisées comme support à la lecture d’images, une activité ritualisée qui aide les enfants à nommer des objets, identifier des personnages et décrire leurs actions. Cette première approche de la lecture développe à la fois le langage oral, la compréhension et l’observation.

08 août 2023

Adapter un conte, pourquoi, comment ?

 Lorsqu’il raconte, le conteur s’adapte spontanément à son public en choisissant ses mots, en expliquant un détail. Mais il peut arriver que le conteur en changeant de contexte culturel opère une transformation radicale .C'est ce qui s'est produit pour les premiers contes de la collection "Conte à colorier" des éditions Ganndal. Les deux premiers titres sont adaptés de contes européens.
Ce sont des contes de randonnée dont le principe est la répétition d'un motif. Dans le contexte local où les enfants apprennent le français en même temps qu’ils apprennent à lire, la répétition est un bon moyen de mémoriser le vocabulaire et d’apprendre la langue. Dans l’apprentissage de la lecture, la répétition rassure l’élève et le confirme dans sa progression.

Pourquoi avoir choisi ces contes ?

06 juillet 2023

ÉCRIRE ET FAIRE LIRE ! par Ibrahima Sorel Sidibé

convertir à la lecture des lycéens,
 un sacré défi!
Ibrahima Sorel SIDIBE écrit des romans et enseigne dans des établissements publics aux effectifs "pléthoriques". Il n'a pas moins de 60 à 70 élèves dans ses classes de Lycée. Son défi est de faire aimer la lecture à ses élèves. 
Pour moi, en tant qu’écrivain, l’idéal n’est pas seulement d’écrire des romans, des essais ou de la poésie. Je n’écris pas pour des raisons pécuniaires, ni par narcissisme, mais pour permettre à mes lecteurs d’apprendre et comprendre certains problèmes de la société les concernant.

En Guinée le véritable problème auquel nous sommes confrontés en tant qu’auteurs, c’est d’être lus. Les élèves considèrent que le livre est trop cher. Mais il y a d’autres obstacles à la lecture comme l’absence de bibliothèques dignes de ce nom. On constate aussi le manque d’intérêt des enfants pour le livre parce que les parents n’habituent pas leurs enfants à la lecture en leur en offrant. Il y a enfin l’obstacle de la langue, rares sont les élèves qui ont une maîtrise totale de la langue française (apprise et parlée essentiellement à l’école).

Étant enseignant, mon objectif a toujours été de promouvoir la lecture à travers les œuvres qui sont au programme malgré l’environnement défavorable dans lequel nous évoluons. La lecture reste un moyen complet de former des ressources humaines fiables pouvant participer au développement d’une nation. Voilà pourquoi je m’engage dans ce noble combat.

16 juin 2023

Tiguidanké Diakité, les enfants et la lecture (4/4)

 

lecture en famille

Tiguidanké Diakité est une jeune auteure, elle a publié son premier album, 
Le livre de Modou, il y a quelques mois. Elle s'intéresse aux problèmes de lecture et d'accès au livre pour les enfants. Elle propose 4 thèmes de réflexion que nous déclinerons au fil de la semaine.

4- Écrire un livre est-ce suffisant pour promouvoir la lecture en tant qu’auteur ?


Celui qui a écrit un livre a déjà fait un gros pas pour la promotion de la lecture. Il doit cependant aller plus loin et jouer le rôle d’animateur pour véhiculer le message qu’il a voulu donner dans son livre et encourager les enfants à la lecture de son ouvrage. Il doit coopérer avec les maîtres d’écoles pour l’exploitation de son livre à l’école.
L'animation autour du livre est devenue une autre passion pour moi au-delà de celle d’écrire. Mon objectif, avec mon livre, est d’amener les parents à voyager avec leurs enfants dans l’univers passionnant du livre comme l’enseigne le livre de Modou.

C’est d’ailleurs ce que j'essaye de faire depuis la sortie de mon livre. (Tiguidanké Diakité)

Vous qui écrivez, avez vous d'autres stratégies pour amener les enfants à la lecture?

vos commentaires seront les bienvenus

14 juin 2023

Tiguidanké Diakité, les enfants et la lecture (3/4)



 
Tiguidanké Diakité est une jeune auteure, elle a publié son premier album, Le livre de Modou, il y a quelques mois. Elle s'intéresse aux problèmes de lecture et d'accès au livre pour les enfants. Elle propose 4 thèmes de réflexion que nous déclinerons au fil de la semaine.

Quels livres pour donner le goût de la lecture aux enfants guinéens  ?

D’après mon constat, les enfants sont plus captivés par les livres des auteurs guinéens et africains. Pourquoi ? Le contexte leur est familier, ils comprennent très vite les situations et s’identifient plus facilement aux personnages. Dans le cas du ‘Le Livre de MODOU’ beaucoup d’enfants ont dit avoir des sœurs de l’âge de Bady qui veulent s'emparer de leurs cahiers et de leurs livres quand ils travaillent. 
le phénomène d'identification facilite la lecture (Tiguidanké Diakité)

12 juin 2023

Tiguidanké, les enfants et la lecture (2/4)

 

Marathon lecture à la bibliothèque de Labé
Tiguidanké Diakité est une jeune auteure, elle a publié son premier album, Le livre de Modou, il y a quelques mois. Elle s'intéresse aux problèmes de lecture et d'accès au livre pour les enfants. Elle propose 4 thèmes de réflexion que nous déclinerons au fil de la semaine.

2- Donner aux enfants l'occasion de s’évader dans le monde des livres. Comment ?

Fodé et Moussa sont deux amis que j’ai rencontrés lors d’une de mes séances d’animations. Ils font la même classe. Moussa avait plus de facilité à lire et répondre aux questions que Fodé. Pourquoi ? Moussa nous a confié que son frère lui envoie souvent des livres depuis Conakry. Qu’il a déjà lu une vingtaine de livres pour enfants édités chez Ganndal*.

Avoir plus de livres à la maison à la portée des enfants, grâce aux parents, instaurer des journées lecture dans les écoles, des visites des écoles à la bibliothèque, des séances d’animation dans les quartiers, inviter des auteurs jeunesse et laisser les enfants poser leurs questions sur tel ou tel livre à son auteur sont des moyens parmi tant d’autres pour semer le goût de la lecture chez les enfants.
(Tiguidanké Diakité)

*Editions Ganndal, maison d'édition guinéenne, ayant un département jeunesse important.

10 juin 2023

Tiguidanké Diakité, les enfants et la lecture (1/4)

Tiguidanké Diakité est une jeune auteure, elle a publié son premier album, Le livre de Modou, il y a quelques mois. Elle s'intéresse aux problèmes de lecture et d'accès au livre pour les enfants. Elle propose 4 thèmes de réflexion que nous déclinerons au fil de la semaine.

1- Les enfants n’aiment-ils pas lire ou n’ont-ils pas l’opportunité de lire ?

Des yeux qui brillent, une ambiance joyeuse, des petits cris d’émerveillement, des mains baladeuses qui fouinent entre les livres, une grosse envie de lire….

Nous sommes à la bibliothèque préfectorale de Labé. C’est un samedi. Un « samedi de découverte », de visite et de connexion avec l’univers du livre. Une opportunité pour certains enfants de découvrir pour la première fois une bibliothèque avec des livres jeunesse. Sans pression, les enfants lisent sans relâche, le temps passe très


vite. 13 h, l’heure de la fin sonne, les enfants toujours sur les livres, voulant tous les lire, acceptent péniblement de quitter la salle. Le peu de parents présents avouent n’avoir jamais acheté un seul livre jeunesse pour leurs enfants. Ils se contentent des manuels scolaires.

La majorité des enfants aime lire. La preuve ils lisent tout ce qu’ils voient, dans la rue, au tableau, les notices de médicaments etc.
(Tiguidanké Diakité)

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