Historique de l'AALJ

l'AALJ a été fondée en 2007 par de  futurs auteurs (ils n'étaient pas encore édités) à l'issue d'un atelier d'écriture e...

31 août 2026

La pluie tombe, la rentrée approche : et si on en profitait pour parler de livres ? / N'Falamini KABA

 

Il y a quelque chose d'étrange dans notre rapport aux livres pour enfants en Guinée : on y pense surtout en septembre, dans la bousculade des derniers achats de rentrée, coincés entre les cahiers, les stylos et les frais de scolarité. Et pourtant, le meilleur moment pour y penser est déjà là, sous nos yeux, en train de tomber sur les toits en tôle de Conakry, de Kindia, de Boké, de Mamou, de Labé, de Kankan, de Faranah, de Siguiri, de Beyla ou de N’Zérékoé. C'est maintenant, pendant la saison des pluies, qu'il faut reparler des livres pour enfants.

Un temps mort qui n'a rien d'un temps perdu

Quiconque a un enfant en Guinée le sait : quand il pleut, tout s'arrête. Les rues se vident, les jeux dehors deviennent impossibles, et les enfants se retrouvent à la maison avec, souvent, pour seule distraction, la télévision ou le téléphone d'un parent. Ce sont des heures qui, additionnées sur toute la saison, représentent un temps considérable. La question mérite d'être posée simplement : que faisons-nous de ces heures-là ?

Un livre posé sur la table basse, à portée de main, peut changer la nature de cette attente. Non pas comme une corvée supplémentaire imposée à l'enfant, mais comme une compagnie pour les après-midis gris. Un enfant qui prend l'habitude d'ouvrir un livre pendant l'orage de juillet est un enfant qui, en octobre, retournera à l'école avec un rapport différent à la lecture — plus naturel, moins associé à l'obligation scolaire.

La rentrée se prépare aussi dans la tête

On prépare la rentrée scolaire avec des listes de fournitures, et c'est nécessaire. Mais l'école ne demande pas seulement un cahier neuf et un uniforme repassé : elle demande un enfant capable de se concentrer, de comprendre un texte, d'avoir envie d'apprendre. Rien ne prépare mieux à cela qu'un enfant qui a déjà, avant la rentrée, pris du plaisir à tourner les pages d'une histoire.

C'est là tout l'intérêt d'introduire le livre de jeunesse pendant la saison des pluies plutôt qu'à la veille de la rentrée. Un livre offert en juillet ou en août a le temps de devenir familier, presque un objet à soi, avant que l'école ne le transforme en outil de travail. L'enfant l'aura choisi, feuilleté, peut-être relu plusieurs fois — et il arrivera en classe avec une longueur d'avance que ni le cahier neuf ni le sac à dos ne peuvent donner : le goût de lire.

Des initiatives qui montrent la voie

Il existe déjà, en Guinée, des exemples qui prouvent que ce pari est possible. À Labé, le programme Lecture Éveil travaille précisément sur cette idée : donner aux enfants le goût de la lecture et de la créativité, en dehors du cadre strictement scolaire. Ce genre d'initiative rappelle une chose simple — il ne s'agit pas d'attendre que l'État ou l'école règle la question du livre pour enfants. Des familles, des bibliothèques de quartier, des associations peuvent, dès aujourd'hui, faire de la saison des pluies une saison de lecture.


Que faire, concrètement, pendant qu'il pleut ?

Quelques pistes simples, à la portée de la plupart des familles :

Créer un coin lecture, même modeste — une natte, un coussin, une lampe — près de la fenêtre par laquelle on regarde tomber la pluie.

Privilégier des livres adaptés à l'âge de l'enfant : imagiers et contes courts pour les plus petits, romans courts et bandes dessinées pour les plus grands.

Lire à voix haute, surtout pour les enfants qui ne savent pas encore lire seuls — c'est souvent le moment le plus attendu de la journée pour un enfant.

Profiter des marchés du livre d'occasion et des librairies par terre, des dons entre familles, une solution accessible même avec un petit budget. Pensez aux bibliothèques, celle du CCFG (pont du 8 novembre) et à l’intérieur du pays, que vous soyez à Nzérékoré, Guékédou, Labé, Faranah, Boké, Kamsar, Mamou, Timbi Madina, Kindia, Mali, découvrez les bibliothèques et leurs trésors.

Associer la lecture à un moment fixe, par exemple juste après la pluie ou avant le repas du soir, pour en faire une habitude plutôt qu'une exception.

Un pari sur l'avenir, posé dès maintenant

La rentrée scolaire ne se joue pas seulement le jour de la rentrée. Elle se joue un peu, chaque jour, dans les semaines qui la précèdent — et la saison des pluies, avec ses heures forcées à la maison, offre justement ce temps rare et précieux. Plutôt que de la subir comme une contrainte climatique, autant en faire une alliée : celle qui aura donné à un enfant, avant même de reprendre le chemin de l'école, l'envie d'ouvrir un livre. 

06 août 2026

Maths, sciences, histoire… Et si tout se jouait dans les livres ?/ Saran DIABY

 

La lecture : cette compétence invisible

qui fait réussir dans toutes les matières

« Mon enfant est faible en mathématiques. »

« Il a du mal avec les sciences. »

« Il ne comprend pas les consignes de ses devoirs. »

Lorsqu’un enfant rencontre des difficultés à l’école, notre premier réflexe de parent est de penser qu’il manque de connaissances dans une matière précise. Nous cherchons des cours de soutien en calcul ou des exercices de sciences supplémentaires. Pourtant, la racine du problème cache souvent une autre réalité : l'enfant ne comprend pas tout à fait ce qu’il lit.

Lire, ce n'est pas simplement aligner des lettres ou prononcer des mots de manière fluide. Lire, c'est décoder une consigne, analyser un problème, retenir une information et être capable de la réutiliser. C’est pourquoi la lecture n’est pas une simple discipline : c'est la clé de voûte de toute la réussite scolaire… et de la vie.

Cette réalité pédagogique résonne profondément avec ma propre démarche d'écriture. Quand j’ai écrit mon livre « LA SAUCE KONKOE' », mon but premier était de sauvegarder notre précieux patrimoine culinaire. Mais en le partageant avec les enfants, j’ai réalisé une chose merveilleuse : un livre qui parle de nos réalités locales comme la préparation d’un plat traditionnel ou un conte de chez nous est le meilleur outil pour développer cette compréhension textuelle.

Pour réussir un plat, il faut savoir lire une recette, comprendre l'ordre des étapes, mesurer les ingrédients et anticiper le résultat. C'est exactement la même logique qu'un problème de mathématiques ou qu'une expérience scientifique en classe ! En proposant aux enfants des livres qui font écho à leur quotidien, à nos marchés et à nos cuisines, nous rendons l'acte de lire vivant. Et c’est en comprenant ce qui leur est familier qu’ils apprennent à décoder la complexité de toutes les autres matières.

La lecture s’invite dans toutes les classes

On associe trop souvent la lecture au seul cours de français. Pourtant, examinez d'un peu plus près la journée d’école de votre enfant :

  • En mathématiques : avant de poser une addition ou une soustraction, il doit lire et analyser l'énoncé d'un problème.

  • En sciences : il lui faut décortiquer le protocole d'une expérience et observer des documents pour répondre à des questions.

  • En histoire et géographie : il doit naviguer à travers des textes, des cartes et des chronologies complexes.

  • En éducation civique : il lit des règles, interprète des situations et analyse des exemples de la vie en société.


Prenons un exemple concret : « Aminata a 24 mangues. Elle en donne 9 à sa cousine et en vend 5 au marché. Combien lui en reste-t-il ? » Si un enfant lit trop vite ou ne maîtrise pas le sens exact des verbes
donner et vendre, il fera un mauvais calcul, même s'il connaît ses tables de soustraction sur le bout des doigts. Le blocage n'est pas mathématique, il est linguistique.

Les super-pouvoirs de la lecture régulière

Chaque page tournée est un entraînement intensif pour le cerveau de nos enfants. Lire régulièrement développe trois piliers essentiels à l'autonomie scolaire :

  1. L'enrichissement naturel du vocabulaire : Plus le bagage de mots d'un enfant est large, plus il comprend facilement les explications de ses enseignants et les textes des examens. La lecture permet d'assimiler ce lexique en contexte, sans l'effort rébarbatif du par cœur.

  2. Le muscle de la concentration : Suivre le fil d'une intrigue, retenir les actions des personnages et lier les événements entre eux demande de l'attention. Cette endurance intellectuelle se transpose directement lorsque l'enfant doit rester concentré devant une évaluation exigeante.

  3. L'éveil de l'esprit critique : Les histoires poussent l'enfant à s'interroger (Pourquoi a-t-il agi ainsi ? Qu'aurais-je fait à sa place ?). En cherchant des réponses, il aiguise son raisonnement et sa capacité à résoudre des problèmes complexes.

S'adapter à la réalité de nos foyers guinéens

Nous le savons, toutes les familles en Guinée n'ont pas la chance d'avoir une bibliothèque remplie à la maison. Mais cela ne doit en aucun cas être un frein. L'essentiel n'est pas la quantité de livres, mais la manière dont on fait vivre l'écrit au quotidien :

  • Un même livre peut être relu plusieurs fois : chaque nouvelle lecture permet à l'enfant de prêter attention à un détail ou à un mot qu'il n'avait pas compris la première fois.

  • Tout support est une opportunité : un prospectus, une affiche dans la rue, un article de journal ou même la recette textuelle de la sauce Konkoé écrite sur un carnet peuvent devenir de formidables exercices de lecture.

  • Le retour aux sources : Un conte raconté de mémoire par un grand-parent reste une mine d'or pour enrichir le vocabulaire et affiner l'écoute de l'enfant.

Conseil :

À la fin de la journée, lorsque votre enfant referme son cahier ou son livre, changeons nos habitudes. Évitons la question fermée : « As-tu fini de lire ? »

Préférons des questions ouvertes et bienveillantes qui forcent la réflexion :

  • « Raconte-moi avec tes propres mots ce qui s'est passé dans cette histoire. »

  • « Quel mot as-tu découvert aujourd'hui et qu'est-ce qu'il signifie ? »

  • « Qu'est-ce qui t'a le plus marqué ou surpris ? »

En agissant ainsi, vous transmettez à votre enfant un message capital : l'important n'est pas de lire vite, mais de lire en comprenant. En lui donnant le goût de comprendre les mots, vous ne l'aidez pas seulement à progresser en français, vous lui offrez les clés pour réussir et s'épanouir dans toutes les matières, tout au long de sa vie.

24 juin 2026

Premières lectures : un enjeu pour l'avenir / Julianna DIALLO

 

L’envie de lire ne naît pas spontanément. Elle se construit progressivement et se développe lorsqu’elle est nourrie par des livres de jeunesse de qualité. Avant de devenir un lecteur autonome et passionné, chaque enfant a besoin de vivre des expériences de lecture qui éveillent sa curiosité et lui donnent le goût de revenir aux livres.

Pourquoi les premières lectures sont-elles décisives ?

Aujourd’hui, en Guinée, de nombreux lycéens éprouvent des difficultés à lire un roman. Au-delà des compétences langagières parfois insuffisantes – vocabulaire limité, difficultés de compréhension ou manque d’aisance dans la lecture –, on constate souvent une absence d’intérêt pour les livres. Pourtant, le plaisir de lire ne s’improvise pas à l’adolescence. Il se construit dès les premières années de la vie scolaire, voire avant.

On ne devient pas lecteur en commençant directement par un roman. Il existe un long cheminement qui mène à la lecture autonome et au plaisir de lire. Les premières lectures constituent ainsi une étape essentielle de ce parcours. Elles permettent à l’enfant de découvrir que la lecture n’est pas seulement un exercice scolaire, mais aussi une source de connaissances et d’épanouissement personnel.

La première rencontre avec un livre est souvent déterminante. Le premier ouvrage qu’un enfant découvre peut influencer durablement son rapport à la lecture. C’est pourquoi les livres de jeunesse jouent un rôle fondamental dans l’apprentissage, l’éveil et la formation intellectuelle des jeunes lecteurs.

Au moment où les enfants apprennent à lire, ils ont besoin d’une littérature riche et variée. Mais surtout, ils ont besoin de textes qui parlent de leurs préoccupations, de leur environnement et de leurs rêves.

Qu’est-ce qu’un bon livre de jeunesse ? C’est avant tout un livre dans lequel l’enfant peut se reconnaître. Il y retrouve des personnages, des situations ou des questionnements qui lui sont familiers. Un bon livre interpelle, séduit, fait réfléchir et transporte le lecteur. Il suscite des émotions et ouvre la porte à la réflexion sans imposer de réponses toutes faites.

Le rôle de l'école primaire. L’école primaire joue un rôle majeur dans cette découverte de la lecture.


Le manuel scolaire, à lui seul, ne suffit pas à développer le goût de lire. Les enfants ont besoin d’être exposés à une grande diversité de textes afin d’enrichir leur vocabulaire et d’améliorer leur compréhension. Plus les occasions de lire sont nombreuses et variées, plus les chances de former des lecteurs durables augmentent.

C’est dans cette perspective que les maisons d’édition spécialisées dans la littérature de jeunesse occupent une place essentielle. En Guinée, les Éditions Ganndal se sont imposées comme une référence dans ce domaine grâce à la publication d’albums, de contes et de premiers romans adaptés aux jeunes lecteurs et à leur réalité culturelle.

Le pouvoir transformateur de la lecture. À titre personnel, je suis à la fois directrice d’école et écrivaine. Convaincue du pouvoir transformateur de la lecture et de la littérature, j’ai intégré les livres de jeunesse dans le programme d’enseignement de l’établissement que je dirige, à tous les niveaux. Cette expérience m’a permis de constater l’intérêt des élèves pour les livres lorsqu’ils leur sont accessibles et adaptés. Elle m’a également fait prendre conscience du besoin croissant de premiers romans destinés aux jeunes lecteurs.


C’est cette réflexion qui m’a conduite à écrire L’école, à quoi bon ? (éditions Ganndal, col. La case à palabre). À travers l’histoire d’Amadou, je souhaitais inviter les élèves à s’interroger sur la transmission des savoirs, sur le rôle des anciens et sur les différentes formes d’apprentissage. L’école transmet des connaissances essentielles, mais la vie, la famille et la communauté sont également des espaces d’apprentissage précieux.

Les rencontres qu’Amadou fait au cours de son parcours lui permettent de découvrir des points de vue différents sur une même réalité. J’ai voulu montrer que les questions importantes ne trouvent pas toujours des réponses simples. Dans la vie, les opinions peuvent être divergentes tout en étant complémentaires. Comprendre cette complexité est une forme de sagesse que la littérature aide à développer.

Conclusion. C’est là toute la force des premières lectures. Elles ne se contentent pas d’apprendre à lire : elles apprennent à penser, à questionner et à comprendre les autres. Un excellent livre de jeunesse ne donne pas toutes les réponses ; il invite le lecteur à se poser des questions et lui laisse la liberté de construire ses propres réflexions.

Former des lecteurs commence donc par offrir aux enfants des livres qui leur parlent, les touchent et les accompagnent dans leur découverte du monde. Car les premières lectures sont bien plus qu'une étape scolaire : elles constituent le socle sur lequel se construit toute une vie de lecteur.

27 mai 2026

Le Prix Littéraire des lycéens de Guinée : un moteur pour la littérature jeunesse / par Sory Dansoko et MPH

 

Un des 13 comités de lecture du PLL-G

L’AALJ est à l’honneur dans le Prix Littéraire des Lycéens de Guinée avec les lauréats des 2 premières éditions : Mabety SOUMAH en 2025 pour son roman Sens interdit, paru aux éditions Ganndal et Ibrahima Sorel SIDIBE en 2026, pour La tragédie des jumelles paru chez l’Harmattan Guinée.

Le PLL-G est un prix littéraire attribué à un roman Guinéen par un jury composé exclusivement de lycéens (250 élèves de 11ème et 12ème années en 2026). Il est organisé par le CELPAC (Ministère de la Culture) en partenariat avec le Ministère de l’Éducation. Il récompense le lauréat d’un prix de 20 millions de francs guinéens.

Il a un triple objectif, pédagogique, littéraire et économique :

Rapprocher les jeunes de la lecture, stimuler la création littéraire, encourager l’édition en soutenant la chaîne du livre dans son ensemble.

Son importance semble capitale dans un contexte où le livre est souvent détrôné par les téléphones, la littérature décriée et les élèves accusés de paresse intellectuelle alors que « ce ne sont pas les jeunes qui refusent de lire, ce sont surtout les initiatives et les espaces de lecture qui manquent. »

Présentation publique d'Envol à Kankalabé

Le PLL-G une initiative qui
a mobilisé 500 lycéens

17 mai 2026

Ibrahima Sorel SIDIBE, lauréat du Prix Littéraire des Lycéens de Guinée-2026

 

Au terme d'une année de lecture, d'analyse, de critique, de rencontres, les 250 lycéens, membres du jury du Prix Littéraire des Lycéens de Guinée se sont prononcés. Le roman "La tragédie des jumelles" emporte le trophée avec 56% des suffrages.  Son auteur Ibrahima Sorel Sidibé est un jeune Guinéen, à la plume sensible et poétique. Dans son roman il pose des problèmes de société (excision, mariage précoce, prostitution). Son regard plein de tendresse et de compassion pour ses personnages est sans pitié pour la société qui accule la jeunesse à des positions aussi extrêmes que le suicide.

Auteur prolifique, il touche à tous les genres: poésie, nouvelles, romans pour adultes ou pour enfants. Son imagination bouillonnante nous embarque dans des histoires aux multiples rebondissements alors que sa poésie fouille avec délicatesse ou acuité les émotions profondément enfouies.

Sombre destin 2020 Innov éditions (nouvelles)
Kaly l'enfant chasseur 2021. Ganndal col La Case à palabre (roman jeunesse)
La tragédie des jumelles 2022 L'Harmattan Guinée (roman)
Vers hybrides 2023 . Yigui éditions (Poésie)
Amour nostalgique 2024 . Le Lys bleu France (roman ado)
Le poids du regard  2025. Ganndal, col. Gos&Gars (roman ado).
Les versets d'un poète indigent 2026. Golden éditions (Poésie)


30 avril 2026

Raymond Bamane , consacré 2ème du Grand Prix du Président de la République de Guinée

 

© guinéesource.com
Les lumières de Lampédusa, un roman qui renvoie chacun à ses responsabilités dans cet exode massif des jeunes vers l'eldorado européen. Ils sont partis à l'aventure, déçus par leur pays, trahis en quelque sorte par des promesses de travail jamais tenues, par des conditions de vie qui se dégradent de jour en jour, la gouttière qui remplit le seau au pied du lit de la mère est criante de vérité ! Dans ce roman fort, Raymond Bamane fait une véritable analyse sociologique de la Guinée , mais il n'épargne pas non plus l'Europe qui ne sait plus faire sa place à l'étranger à quelques exceptions près du côté associatif. Les dangers n'ont pas changé depuis la publication du livre et on déplore toujours autant de morts sur la route. Le roman se termine cependant sur une note d'espoir. Tahoui, "retourné" en Guinée, meurtri dans sa fierté mais désormais lucide, va rebondir et créer sa place dans son pays. La préface de Nadine Bari fait écho avec vigueur au texte de Bamane. 

Félicitations admiratives à Raymond Bamane pour cette deuxième place en cette première édition du Grand Prix Littéraire du Président de la République.
Les Lumières de Lampedusa/ Raymond BAMANE, Editions Ganndal, 2021 ISBN 978-2-35045-117-6

26 avril 2026

Antoine Bangoura nous a quittés.

 

Nous avons appris avec une profonde tristesse le décès d'Antoine Bangoura. Nous perdons un vieil ami, membre fondateur de l'AALJ, éducateur dans l'âme. Son roman "Bakomê à la recherche de son père" (éditions Ganndal, col. La case à palabre) faisait partie des défis lectures et avait passionné les enfants. Jusqu'à la fin de sa vie il s'est consacré à l'éducation, en tant que professeur, chercheur à l'INRAP et directeur de Groupes scolaires à Conakry puis à Boffa.

Toutes nos condoléances à sa famille et à la communauté des auteurs. Qu'il repose en paix.

07 décembre 2025

Quiz Jangen, jouer avec les livres jeunesse


Jangen,  un quiz original sur les livres jeunesse africains.
Créé par Octa-solution, financé par les ressources éducatives, ce jeu complète les bibliomalles* mais pas uniquement. Les bibliothèques riches en livres pour la jeunesse sont aussi intéressées.
43 livres d'auteurs contemporains destinés aux élèves du CE2 au Lycée.  
L'application gratuite est téléchargeable sur Playstore et on peut jouer hors connexion. 
Idéal pour la classe. Après lecture individuelle ou collective d'un livre, le maître, ou la maîtresse, peut poser les 10 questions du quiz sur le livre choisi. Les enfants se concertent pour répondre, à la fin de la partie le taux de réussite permet de voir si l'ensemble de la classe a compris l'histoire ou si elle nécessite un petit approfondissement. On peut jouer à l'école ou à la maison. Les bibliothèques du réseau de lecture publique équipée d'Afrikalan, proposent le quiz et une partie des livres sous format numérique. Pour jouer, il suffit (mais c'est indispensable) d'avoir lu le livre sur lequel on veut jouer.
Le principe ludique fonctionne à tous les niveaux. Pour les lycéens qui ont plus d'autonomie, le quiz est un jeu qui prolonge le plaisir de la lecture. Si vous voulez savoir comment il fonctionne précisément, c'est ici en musique

* les bibliomalles sont des malles de livres déposées dans les écoles. une cinquantaine d'école en sont déjà pourvues à Conakry et une dizaine à l'intérieur du pays. 

Jangen va donc permettre aux enseignants de consolider les acquis en lecture de leurs élèves sur le mode ludique  

03 novembre 2025

Se construire entre rêves, doutes et découvertes- Table ronde-Silj-Conakry-2025

 Dans le cadre du Salon du livre jeunesse, cette table ronde propose une réflexion sur la manière dont la littérature jeunesse aborde les épreuves, les blessures et les fragilités qui jalonnent le passage à l’âge adulte.

À partir de cinq œuvres contemporaines — Envol de Julianna Diallo, Déclic de Mohamed Sylla, Sens interdit de Mabety Soumah, Les confidences du Fromager de Dr Sékou Dine Kouyaté et Le creux du ventre de N’Falamini Kaba — les intervenants s’interrogeront sur la représentation des jeunes confrontés à la difficulté, à la perte ou à l’échec, et sur les ressources qu’ils mobilisent pour se reconstruire.

Ces récits se distinguent par leur approche réaliste et leur regard lucide sur la vie, loin des dénouements idéalisés. Ils mettent en lumière la capacité des personnages – et, à travers eux, des lecteurs – à trouver leur propre voie.

La rencontre permettra d’aborder plusieurs axes de réflexion :

  • Le rôle de la littérature jeunesse dans la compréhension et le dépassement des expériences douloureuses ;

  • Les liens entre fiction et réalité dans l’accompagnement des jeunes lecteurs ;

  • La responsabilité de l’écrivain vis-à-vis de son public et la portée éducative, voire thérapeutique, de la fiction.

Cet échange, ouvert au public, a pour ambition de valoriser la puissance formatrice de la lecture et d’interroger la place du livre comme outil d’émancipation et de construction personnelle.

Jeudi 6 novembre à 13h au Centre culturel franco-guinéen (CCFG) Pont du 8 novembre

 


23 octobre 2025

De l’oralité berçante de mon enfance à l’écriture engageante de ma jeunesse par Sory Dansoko

 

Les chants, les contes, les fables des chasseurs, les légendes… ont bercé ma tendre enfance et fasciné mon esprit ; ces genres oraux m’ont permis de rêver d’être un conteur très tôt. C’est dans cette ambiance d’éducation traditionnelle que mon père m’a scolarisé. A l’école, mon goût de l’art intervient dès le début de mon cursus. Ce goût n’était plus seulement maintenant l’ART de la PAROLE, mais l’art en général. Mais dans quel art, pouvais-je déployer mon imaginaire, mes émotions ? Comme à l’école primaire, je dessinais bien, je me hasardais à faire des tableaux de peintre, sans me rendre compte que j’étais déjà dans la créativité artistique. Un jour, je réalise Mami Wata, une image fantastique, que les contemplateurs demandent de multiplier pour l’acheter et en embellir leur chambre.

Je trouvais déjà à travers mon imagination créative le prix du bonbon et "une aura" auprès des gens.

02 octobre 2025

Un souffle de littérature au lycée Boubacar Biro de Sangoyah par Sylla de Labaya

 Au jour du Samedi 19 avril 2025, la cour du lycée Boubacar Biro de Sangoyah s’est transformée en un véritable foyer d’effervescence intellectuelle. Dès les premiers instants, l’atmosphère était marquée par l’enthousiasme et la curiosité. Les élèves, venus en nombre, avaient préparé cette rencontre avec le plus grand soin. La salle, sans décor particulier, était comble, des regards curieux, des cahiers ouverts, des mains prêtes à se lever. Tout annonçait une rencontre unique : « Nous attendions ce moment depuis plusieurs semaines, confie Mariama, élève de 9ᵉ année. Lire Le Déclic nous a donné envie de comprendre ce qui a inspiré l’auteur. »
Chaque question qu'ils me posaient, témoignait une lecture attentive, un esprit critique aiguisé et une réelle soif de comprendre l'histoire et les enseignements du Déclic : le courage face à l’adversité, l’importance des choix, la force des convictions. J'ai répondu : « J’écris pour que les jeunes, comme vous, prennent conscience de leur potentiel. Aujourd’hui, j’ai trouvé en vous un public attentif et prometteur. »
Quelque part au fond de moi, cela m'encourageait énormément.
Comme d'autres écrivains jeunes, avec cette chaleur et cette générosité d’un passeur de savoir, j'ai dialogué avec eux sans barrières, ouvrant des pistes de réflexion et invitant chacun à s’interroger sur le sens profond du "Déclic". Les échanges ont été sincères et porteurs, et les réponses des élèves, d’une pertinence rare, ont mis en lumière leur capacité à saisir les nuances et les thèmes universels du livre, à poser des questions qui ouvraient des portes à d'autres pistes de réflexion :

17 septembre 2025

Mon chemin vers l'écriture / Saliou Bah

Ma passion d’écrire m’est venue de la lecture. Beaucoup de lectures. Un jour, j’eus la prétention de penser que je pouvais me mesurer avec l’auteur du livre que je lisais. De ce jour, je me suis lancé dans l’écriture. C’était il y a bien longtemps. Bien plus tard, pendant que j’étais bibliothécaire, j’ai sorti mon premier livre.

J’essaye de montrer la réalité des enfants : leur imagination débordante, leur courage, leurs initiatives, leur grande sensibilité, leurs rapports pas toujours faciles avec les grandes personnes, leurs désirs qui peuvent être extravagants, etc.

Mon travail d’auteur m’a fait comprendre que les livres pour enfants sont des livres écrits pour des enfants mais si le livre est bon il pourra être lu par tout le monde : les adultes et les enfants.

Mon travail d’auteur n’est pas un travail d’acharné, il est souvent déterminé par la réalité de ma vie du moment présent. Mon besoin d’écrire se manifeste alors et toujours lorsque la pression psychologique me pèse, lorsque mon besoin de plus de liberté se fait sentir, lorsque la routine dans la vie est entrain de m’envahir.

Ce sont des moments où l’énergie pour l’écriture ainsi que l’inspiration sont fortes.

La production de mon œuvre est due aussi aux résultats de différentes formations : formation en écriture d'albums, de romans jeunesse, de documentaires. Je dois à ces formatrices un grand merci. Elles m’ont permis, entre autre, de mieux comprendre les enjeux de la littérature, elles m'ont appris à mieux organiser mes pensées et à les canaliser vers un but bien précis. 

pour en savoir plus sur ses livres, cliquer ici

15 août 2025

Quand l'écriture titube entre passion et doute / Ibrahima Sorel SIDIBE

 

Je ne sais pas si la raison première de tout écrivain est pécuniaire ou pas, mais moi, ma conviction dans le domaine littéraire va bien au-delà. Moi, j’aspire à devenir grand et à être plus crédible aux yeux de mes lecteurs. Conscient des défis et des injonctions que m’impose " l’écriture sérieuse " je me questionne sans cesse au sujet de ma capacité rédactionnelle. Est-ce bon, moyen ou mauvais ? Je peine vraiment à le savoir. 

Je m’inscris souvent dans une optique " de remise en question " et " d’apprentissage ", car il y a un certain nombre de manquements dans ma plume imparfaite. À cela, il pourrait y avoir deux raisons : peut-être est ce parce que je ne maîtrise pas parfaitement la langue de Molière ni les meilleures techniques d’écriture...  franchement ça taraude l’esprit. Si seulement je pouvais écrire dans ma langue. Lol !

01 août 2025

Ecrire / Julianna Diallo

 

Ecrire ? Décrire ce que signifie, pour moi, écrire ? En quelques mots, parce qu’il faut saisir l’essence de ce que je pense et le traduire dans des mots limpides et puissants. Oui, écrire, pour moi c’est discerner.

Mais d’abord il y a l’idée. Une pensée qui m’intrigue, qui me tenaille. Une pensée que je ressens être tellement IMPORTANTE à dire, à partager, à transmettre que je ne peux plus résister à l’envie de l’écrire. Un moment, je la couve. Je l’explore. Puis elle me saisit et ça y est, elle devient ma conviction et comme investie d’une mission, je me donne à l’écriture, je m’y consacre. Cela demande de m’isoler car l’écrire est un exercice intime. C’est un exercice béni. Je m’y livre. Je fouille en mon for intérieur. Pour donner vie à l’histoire, j’imagine l’univers, les lieux et les moments forts, et bien sûr les personnages dont le destin est entre mes mains. Je les habite. Je rentre dans leur corps et esprit pour vivre et ressentir leur vécu car l’histoire l’oblige. Je ne peux plus les abandonner. Il faut qu’ils vivent leur sort jusqu’au bout et nous, eux et moi, nous ne serons délivrés que lorsque je mettrai le fameux point de la fin. Mais avant, il faut se soumettre à l’exigence de la parole écrite, tantôt dans la folie, tantôt dans la souffrance car il m’arrive de peiner, à la recherche d’un mot juste, pendant des heures. Mais heureusement, il arrive aussi des moments de grâce où l’écrit coule et je recueille ses perles, je note…

On écrit en étant seul, et cet isolement peut mettre à l’épreuve l’entourage. Surtout lorsqu’on est, comme moi, épouse, mère et grand-mère et les obligations de la vie quotidienne s’imposent.

Ecrire c’est bien plus que la compétence, au plus haut niveau, de manier la langue. C’est une recherche éperdue et passionnée de la vérité qui exige une grande humilité.

Voilà ce que l’écriture fait de moi, livre après livre. Vous lirez bientôt mon nouveau livre et je mets tout en œuvre pour que vous en soyez profondément bouleversés.



26 mai 2025

Les livres de jeunesse en classe : un choix pédagogique / Julianna DIALLO

Pour apprendre une langue, rien ne rivalise avec l’attrait des 

histoires. Bien plus qu’un simple support
pour étudier le vocabulaire ou les règles grammaticales, les récits invitent à réfléchir sur notre monde, à développer notre imaginaire et à mieux comprendre notre humanité.

Au Groupe Scolaire Phénix International que je dirige depuis dix ans, les livres constituent la base de l’excellence pédagogique que nous visons. Dès la maternelle, les albums jeunesse occupent une place centrale dans nos pratiques pédagogiques. Leurs illustrations sont utilisées comme support à la lecture d’images, une activité ritualisée qui aide les enfants à nommer des objets, identifier des personnages et décrire leurs actions. Cette première approche de la lecture développe à la fois le langage oral, la compréhension et l’observation.

25 mars 2025

 

Nous sommes heureux d'accueillir un nouvel auteur Momo Mafering Camara. Enseignant dans la préfecture de Kouroussa il a publié plusieurs ouvrages pour la jeunesse chez Mamou Editions. Une de ses préoccupations, l'éducation des filles. Il a présenté son premier roman Salimata la petite mariée précoce aux élèves de l'école primaire et du collège de Cissela dans la préfecture de Kouroussa. 

Il a participé aux rencontres des auteurs avec leurs lecteurs organisées par l'association en partenariat avec les Ressources Educatives

Allez découvrir sa page vous saurez tout sur ses préoccupations

26 janvier 2025

AG-2025-AALJ-Guinée

L'AALJ réunit son Assemblée Générale le samedi 1er février 2025 à 14h00 Nongo Taady, chez MPH (non loin du carrefour Ambiance).

A l'ordre du jour, rapport moral et rapport financier, renouvellement du bureau, projets pour l'année 2025, questions diverses. Venez nombreux.

La présence des auteurs pour la jeunesse est indispensable 
renseignement 620 63 14 34; 620 78 95 56

06 janvier 2025

Bonne année 2025 !

 Une année s’achève, une autre commence. Certains parmi nous ont publié de nouveaux livres, d’autres les ont fait vivre dans les écoles. La lecture n’est pas facile, mais les initiatives se multiplient. 

Les éditeurs organisent des formations, élargissent le champ des publications, à côté des albums et des romans pour toutes les tranches d’âge, on trouve enfin des documentaires. Ils multiplient les supports (papier, numérique, audio) pour en faciliter l’accès. 

Un quiz conçu par Octa production va faire connaître les livres jeunesse guinéens (Jangen une application téléchargeable sur IPhone et smartphones gratuitement). 

Les auteurs développent une véritable activité pour la promotion de la lecture. Nous avons été soutenus par les ressources éducatives pendant quelques années, mais il faut continuer. N’oublions pas que les éditeurs ne sont rien sans les auteurs. Vous êtes la source de tout livre publié. Par vos idées, les histoires que vous inventez, les informations que vous donnez, vous participez à la construction intellectuelle de vos lecteurs, quel que soit leur âge.

L’AALJ vous souhaite beaucoup de créativité, de plaisir à inventer, construire, écrire… c’est du travail mais quel plaisir quand vous découvrez le bonheur de vos lecteurs !

A tous une très bonne et heureuse année 2025, nos vœux vous accompagnent et sont à partager avec tous ceux qui vous sont chers.


31 octobre 2024

le Prix Littéraire des Lycéens de Guinée en bref

 50 secondes pour tout comprendre !





Tour de table des éditeurs participant au Prix Littéraire des Lycéens de Guinée

5 éditeurs Guinéens ont proposé un roman pour le Prix Littéraire des Lycéens de Guinée. Par ordre d'ancienneté : 

Editions Ganndal : fondée par Aliou Sow en 1992.  Elle annonce dans son catalogue littérature générale, livres scolaires, littérature de jeunesse. Mais c'est dans cette dernière spécialité qu'elle a développé la plus grande partie de son fonds avec des collections qui vont de la petite enfance à l'adolescence.
Le livre proposé dans la collections pour ado Gos&Gars  : Sens interdit / Mabéty Soumah


Editions L'Harmattan Guinée créée en 2006 par Sancy Kaba Diakité à l'image de l'Harmattan Paris

Son catalogue généraliste donne une large place aux essais et aux romans d'auteurs Guinéens. 

Le livre proposé pour le Prix est Murutigui ou Le sabre du refus / Yamoussa Sidibé


Innov'Editions créée en janvier 2019 par Jean Baptiste Zébélamou sur le modèle d'Innov'Edition Mali. Sa vocation : redynamiser l'édition en Guinée et en Afrique en donnant leur chance à tous les auteurs.
le livre proposé pour le Prix est Mémoire d'une adolescente / Gbamon Zébélamou



Editions Plumes inspirées
 créée par Dr Soumaré en 2020 est une maison d'édition panafricaine, elle se veut "dénicheur de jeunes talents" et publie de très jeunes auteurs dans tous les domaines.
le livre proposé pour le Prix est Ame sœur : l'amour au-delà de l'ethnie / Betty Laye Camara
 


Editions Yigui créée en 2021 par Ali Ben Camara et Falmarès est spécialisée dans la littérature francophone tous genres confondus (théâtre, roman, poésie, nouvelles, contes, légendes épopées, essais, anthologie, revue) se veut un pont entre les cultures. 
le livre proposé : Un secret / Koumanthio Zeinab Diallo